TELERAMA paru le 14 juin 2006, article "HUSSARD DES TOITS":
Télérama du 17 au 23 juin page 20 Signes du temps
Ils militent contre les antennes-relais
Hussard des toits
Il peint des cieux, de jour, de nuit, qu'il expose régulièrement au public. Etienne Cendrier est aussi le porte-parole de l'association Robin des Toits, dont le but est de fédérer ceux qui se posent des questions sur les possibles dangers de la téléphonie mobile. « J'ai deux enfants, explique-t-il. Lorsqu'on a collé une antenne sur le toit de leur école, j'ai commencé à enquêter pour savoir si c'était nocif. » En 2004, Etienne Cendrier est poursuivi en diffamation par Bouygues, SFR et Orange, pour avoir mis en cause, parce qu'elles sont financées en partie par eux, la crédibilité des études scientifiques qui servent de référence. Au tribunal, il passe du statut d'enquiquineur public à celui d'interlocuteur crédible. Le 2 mai dernier, il est relaxé, la justice reconnaissant à un individu ou à un groupe d'individus le droit de dénoncer un risque sanitaire. Aujourd'hui, les compagnies de réassurance refusent de prendre les relais en charge, jugeant probables les recours collectifs de consommateurs. Les banques emboîtent le pas, estimant qu'investir sur la téléphonie n'est pas une valeur sûre. Elles réclament la mise en place d'avertissements clairs sur les portables (comme le fameux « Fumer tue » sur les paquets de cigarettes). Les Robin des Toits se battent, eux, pour faire baisser la puissance des antennes. Ils demandent que les opérateurs passent à 0,6 volt par mètre (actuellement 2 à Paris et jusqu'à 41 dans certaines régions), affirmant qu'il n'y aura aucune perte de qualité pour les 45 millions d'utilisateurs. « Notre soc/été fonctionne sur le tout-économique, dit Etienne Cendrier. L'humain n'arrive qu'après. Personne ne tient compte des leçons du passé, l'amiante, les pesticides... Je n'ai rien contre le portable s'il n'est pas dangereux pour la santé. Pour le moment, il l'est. J'espère que les politiques vont se saisir du problème. » Anne-Marie Gustave
+++ 3 infos sur les portables.
(pour plus d'infos : www.piecesetmaindoeuvre.com)
LE TELEPHONE PORTABLE,
GADGET DE DESTRUCTION MASSIVE
-II n'y a plus de gorille» au numéro demandé ——————
Le téléphone portable est un concentré de nuisances. D'abord à cause de sa puce. 1,7 kg d'énergie fossile, 1 m3 d'azote, 72 g de produits chimiques et 32 I. d'eau sont nécessaires à la fabrication d'une puce de 2 grammes. Par comparaison, il faut 1,5 tonne d'énergie fossile pour construire une voiture de 750 kg. Soit un ratio de 2 pour 1, alors qu'il est de 630 pour 1 pour la puce {Libération 21/11/02). En France, la fabrication des téléphones portables est concentrée dans la vallée du Grésivaudan, ce qui fait de Grenoble la ville la plus polluée de France. Ce n'est pas tout. Autour de sa puce, votre téléphone a besoin de coltan, un minerai résistant à la chaleur. Celui-ci est extrait notamment en République Démocratique du Congo. Comme les diamants, le coltan a été au centre d'une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de trois millions de personnes dans sept pays. Au Congo, de nombreux enfants sont retirés de l'école pour aller travailler dans les mines de coltan. Le minerai est acheté aux rebelles congolais et à des compagnies minières hors-la-loi par trois sociétés : Cabot Inc. aux Etats-Unis, HC Starc en Allemagne, et Nigncxia en Chine. Ces sociétés transforment le minerai en une poudre qu'elles vendent à Nokia, Motorola, Ericsson, Sony, Siemens et Samsung. !' Les mines de coltan sont situées sur le territoire des derniers gorilles des plaines, qui sont la cible des mineurs. Au rythme du saccage actuel, les spécialistes estiment à 1O ou 15 ans maximum l'espérance de survie de l'espèce {Sciences et Avenir juin 2O04).
Chaque fois que vous passez un coup de fil sur votre portable, vous jouez avec la santé des habitants du Grésivaudan, avec la vie des Congolais (déjà 3 millions de morts, mais vous pouvez faire mieux!) et celle des derniers grands singes de la planète.
-Téléphone jetable——————————————————
Changer de téléphone signifie jeter son téléphone. Depuis le lancement de ce gadget sur le marché, 500 millions d'exemplaires ont déjà été jetés, grossissant les montagnes de déchets électroniques et électriques (DEEE). Rien qu'en France, nous en produisions 25 kg par personne en 2001, et ce chiffre doit doubler d'ici 2013. "Or, ces déchets sont loin d'être anodins. Ils concentrent un mélange complexe de matières et de composants particulièrement toxiques. Métaux lourds, cadmium, mercure, et plomb en grande quantité. Ces substances, ennemies de longue date de l'air, des sols et des nappes phréatiques, menacent également la santé des êtres vivants. Quelques mois suffisent pour qu'un téléphone mobile dernier cri et un ordinateur ultra-performant se métamorphosent en bombes à retardement pour l'environnement." (Le Figaro Magazine 07/07/01)
Grillade! de cerveau
"Les champs électromagnétiques générés par les antennes des téléphones portables provoquent indirectement des ruptures dans les brins d'ADN de cellules humaines et animales. Ils vont même jusqu'à perturber la synthèse de certaines protéines." Tels sont deux des résultats marquants de l'étude Reflex financée par l'Union européenne .
Les impacts biologiques observés sur les cellules sont apparus pour des doses d'énergie inférieures au seuil de 2 W/hg actuellement recommandé par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants et repris par la législation française. Ces ondes électromagnétiques atteignent, à 2 cm de profondeur, la région la plus superficielle -mais aussi la plus sensible- du cerveau : le cortex, ou écorce cérébrale provoquant une élévation de la température du tissu cérébral de 1°C. Tout se passe exactement comme dans un four à micro-ondes, sauf qu'ici c'est le centre névralgique du corps humain qui subit un échauffement. "Si l'on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes il n'est pas impossible que l'effet thermique finisse par léser l'ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses" (Science et Vie Avril 1999).